Il y a une fenêtre fiscale qui se ferme sans prévenir — voici comment l’utiliser
Il y a un concept que j’aborde très tôt avec presque tous les entrepreneurs que je rencontre en première rencontre. Pas parce que c’est le plus complexe. Parce que c’est celui dont les conséquences sont les plus irréversibles si on le laisse passer.
C’est ce que j’appelle la fenêtre fiscale des premières années de retraite.
Ce qu’est cette fenêtre
Dans les premières années de la retraite — avant que la RRQ, la PSV et les retraits minimums du FERR s’additionnent — votre revenu imposable peut être artificiellement bas. Vous n’avez plus de revenus d’entreprise. Vous n’avez pas encore activé vos rentes gouvernementales. Les retraits minimums du FERR ne sont pas encore en vigueur.
Pour beaucoup d’entrepreneurs, c’est la période la plus précieuse de toute leur retraite sur le plan fiscal.
Pas parce qu’ils ont moins de besoins. Parce que c’est le moment où sortir de l’argent coûte le moins cher fiscalement.
Ce que ça représente en dollars
Un dollar retiré du REER pendant cette fenêtre peut vous coûter 33 à 36 cents d’impôt. Le même dollar retiré à 72 ans — empilé sur la RRQ, la PSV et les retraits minimums du FERR — peut en coûter 55 à 65 cents.
Même dollar. Même compte. Coût potentiellement deux fois plus élevé — parce que le moment était différent.
Et cet impôt payé en trop ne se récupère jamais.
Pourquoi beaucoup d’entrepreneurs la laissent passer
La logique intuitive dit : je n’ai pas besoin de cet argent maintenant, je le laisse croître le plus longtemps possible.
Cette logique est correcte pour le rendement. Elle est incorrecte pour la fiscalité.
Le REER n’est pas un compte qu’on vide quand on en a besoin. C’est un compte qu’on décaisse stratégiquement — dans les années où ça coûte le moins cher — pour réduire les retraits minimums futurs et limiter l’impôt total sur l’ensemble de la retraite.
L’objectif n’est pas de payer moins d’impôt cette année. C’est de payer moins d’impôt sur 25 ans.
La stratégie concrète
C’est ce qu’on appelle l’accélération stratégique du REER. L’idée : retirer plus du REER que ce dont vous avez besoin pour vivre pendant les premières années de la retraite — pas parce que vous en avez besoin, mais parce que c’est le moment où ça coûte le moins.
L’excédent non nécessaire pour vivre est transféré dans le CELI, où il croîtra libre d’impôt, sans jamais déclencher de récupération de PSV, sans jamais s’additionner au revenu imposable.
Le résultat : un FERR moins gonflé à 72 ans. Des retraits minimums plus bas. Un revenu imposable plus facile à gérer. Et moins de risque de se retrouver dans la zone de récupération de la PSV.
Combien de temps dure cette fenêtre?
Ça dépend de votre situation. Pour certains, elle dure 3 à 5 ans. Pour d’autres, elle est plus courte si la RRQ est activée tôt ou si d’autres sources de revenus s’additionnent rapidement.
Ce qu’il faut retenir : elle se ferme. Sans signal d’alarme. Sans avertissement. Et une fois fermée, elle ne se rouvre pas.
La question n’est pas si vous devriez en profiter. C’est comment en profiter de façon optimale — sans décaisser trop vite, sans pousser le revenu imposable dans des zones défavorables, et en coordination avec tous vos autres actifs.
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Jimmy Thomassin, Pl. Fin.
Planificateur financier | Spécialiste décaissement entrepreneur
jimmy.thomassin@ig.ca